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Centrale de Beauharnois - Photo LM Le Québec

Hydro-Québec: la grande fierté québécoise

Hydro-Québec est un fleuron québécois par excellence !

C’est non seulement le principal producteur d’électricité au Canada mais aussi l’un des plus grands producteurs mondiaux d’hydroélectricité.

Hydro-Québec a largement participé et continue de participer à l’essor économique du Québec.

Nous y consacrons cet article, lequel se veut être un résumé de l’histoire de l’électricité au Québec présentée sur le site d’Hydro-Québec.

On commence ? C’est parti !

Voici ce que cet article vous réserve :

Tout commença … au XIXème siècle !

Saviez-vous que l’éclairage électrique fit son apparition au grand public en 1878, à l’Exposition universelle de Paris.

Toutefois, c’est grâce à l’américain Thomas Alva Edison que l’électricité connut un essor considérable grâce à :

  • sa mise au point de la lampe à incandescence au New Jersey (USA) en 1879,
  • puis, son idée d’un centre de production de l’électricité,
  • et enfin, son idée d’un réseau de distribution auquel serait raccordée la clientèle desservie.

Jusqu’à cette époque, le gaz était la seule façon d’éclairer les rues et les maisons.

L’arrivée de l’électricité vient alors bouleverser ce monopole du gaz en lui créant une grande concurrence.

Les premières utilisations massives d’électricité sont les contrats d’éclairage de rues, puis les tramways électriques.

1885 – l’éclairage de la Terrasse Dufferin à Québec !

La ville de Québec est la première ville canadienne a utilisé l’électricité pour l’éclairage des rues.

Le 30 septembre 1885, la Quebec & Levis Electric Light Company réussit l’éclairage de la Terrasse Dufferin, à Québec, grâce à 34 lampes à arc alimentées par une ligne électrique de 30 kilomètres en provenance de la centrale hydroélectrique du Sault-Montmorency.

Vient ensuite le tour de Montréal.

1888 – le début de l’éclairage électrique des rues à Montréal

La société américaine Royal Electric Company s’implante à Montréal.

C’est alors le début du déclin de l’éclairage des rues au gaz.

Dès 1889, l’éclairage électrique s’étend à toute la ville.

La Royal Electric Company devient une monopole.

1892 – l’apparition des tramways électriques à Montréal

Le 2ème impact de l’arrivée de l’électricité est le remplacement des tramways tirés par des chevaux (existants depuis 1861) par les premiers tramways électriques à Montréal.

Ces tramways électriques se développeront également dans les villes de Québec, de Trois-Rivières et de Sherbrooke.

L’éclosion des compagnies électriques au début du XXème siècle

Dès les 1ères utilisations de l’électricité, l’hydroélectricité s’impose en raison de l’abondance des fleuves, des rivières et des cours d’eau au Québec.

De la fin du XIXème siècle jusqu’en 1929, plus de 80 centrales voient le jour au Québec !

Des centaines d’entreprises d’électricité ont également été crées. Seules, quelques-unes survivront en formant de puissants monopoles régionaux:

Montréal: la Montreal Light, Heat and Power Consolidated

En 1901, la Montreal Gas Company fusionne avec la Royal Electric Company pour devenir un monopole industriel et financier : la Montreal Light, Heat and Power Company.

Son siège social est alors situé au 107, rue Craig (aujourd’hui Saint-Antoine), à Montréal. Il a depuis été démoli.

Elle va rapidement éliminer toute concurrence.

Parmi ses grandes réalisations, notons:

  • la centrale de la Rivière-des-Prairies, et
  • la centrale de Beauharnois. Nous allons parler de cette centrale un plus bas.

Ces deux centrales au fil de l’eau sont ouvertes au public.

LM Le Québec a d’ailleurs visité la centrale de Beauharnois et a fait part de sa visite dans cet article.

Région de la Mauricie: la Shawinigan Water and Power Company

En Mauricie, la Shawinigan Water and Power Company (ou « La Shawinigan ») aménage la rivière Saint-Maurice pour les fins d’un vaste complexe industriel.

Cette compagnie est crée en 1898 grâce à l’ingénieur originaire de Boston, Julian C. Smith.

Elle exploita rapidement le potentiel du Saint-Maurice :

  • en attirant en Mauricie des industries fortes consommatrices d’électricité (ex: pâtes et papiers, aluminium, produits chimiques, etc.).
  • en mettant au point un mode de tarification à prix décroissant, pour stimuler la consommation, et
  • en exportant sa production vers le marché de Montréal.

En 1903, elle est la première entreprise en Amérique du Nord à construire une ligne de transport à 50 kilovolts (un record à cette époque) sur des poteaux en bois, d’une longueur de plus de 130 kilomètres.

L’aménagement du Saint-Maurice s’étale sur près de 50 ans.

Huit centrales assurent l’exploitation de la rivière Saint-Maurice, soit les centrales de:

  • Shawinigan-1 (érigée en 1901 et démantelée en 1949),
  • Shawinigan-2. Cette centrale a longtemps été le fleuron du parc hydroélectrique de la Shawinigan Water and Power Company. Elle est encore aujourd’hui ouverte au public.
  • La Gabelle,
  • Grand-Mère (construite en 1916 par la Laurentian Power Company et acquise en 1925 par la Shawinigan Water and Power Company),
  • Rapide-Blanc,
  • La Tuque,
  • Shawinigan-3,
  • La Trenche et Beaumont.

Construit en 1917 par la Commission des eaux courantes de Québec, le barrage Gouin assure quant à lui la régularisation du débit de la rivière Saint-Maurice.

Municipalisation des réseaux de distribution d’électricité au Québec

Le début du XXème voit aussi le phénomène de la municipalisation des réseaux de distribution d’électricité sous le schéma suivant:

  • la production de l’électricité est laissée au secteur privé,
  • le transport est assuré par un organisme public, et
  • la distribution est prise en charge par les municipalités.

Cette approche est née en Ontario en 1906 et se répand progressivement au Québec: plusieurs villes choisissent de municipaliser les services d’électricité sur leur territoire.

Aujourd’hui, neuf villes québécoises fonctionnent toujours avec leur réseau municipal de distribution :

  • Alma,
  • Amos,
  • Baie-Comeau,
  • Coaticook,
  • Joliette,
  • Jonquière,
  • Magog,
  • Sherbrooke, et
  • Westmount.

Les autres villes québécoises ont, quant à elle, accepté l’offre d’achat d’Hydro-Québec faite en 1963 (nous y reviendrons plus bas).

Enfouissement des fils électriques

Enfin, le début du XXème siècle voit aussi l’enfouissement des fils électriques à Montréal.

Montréal est alors une des 1ères villes d’Amérique du Nord à se doter d’une telle politique d’enfouissement des fils dès 1908.

Les raisons ?

La rigueur de l’hiver québécois, les intempéries et surement aussi des considérations esthétiques !… Regardez plutôt.

1908 poteaux ville montreal LM Le Québec

Pourtant, malgré cette politique officielle d’enfouissement des fils, des poteaux chargés de lignes téléphoniques, télégraphiques ou électriques encombreront longtemps les rues de Montréal…

Les années 20 et l’émergence de projets d’envergure

Les années 20 virent la naissance de deux nouveaux projets majeurs de centrales électriques, ainsi qu’un projet gigantesque sur le fleuve Saint-Laurent.

La société Alcan au Lac-Saint-Jean – 1922

Deux industriels connus de la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, William Price et James Duke, s’associent pour lancer un projet d’aménagement d’une centrale hydroélectrique à l’île Maligne, à la tête de la rivière Saguenay.

Leur but ?

  • répondre aux besoins de leurs propres usines de pâtes et papiers,
  • alimenter l’aluminerie qui s’établit dans cette région du Québec.

L’industrie de l’aluminerie continuera d’avoir des besoins de production électrique importants.

Des années 20 aux années 60, Alcan aménagera les 4 centrales suivantes :

  • la Chute-à-Caron, de Shipshaw,
  • la Chute-du-Diable,
  • la Chute-à-la-Savanne et
  • la Chute-des-Passes.

L’aménagement de la Gatineau – 1922

La Gatineau Power Company est formée à l’initiative de la Canadian International Paper Co., l’industrie des pâtes et papiers.

Son but est d’aménager et d’exploiter des centrales sur les rivières Gatineau et des Outaouais afin de répondre aux besoins de l’industrie des pâtes et papiers.

La Gatineau Power Company finit par acquérir toutes les petites centrales existantes sur la rivière des Outaouais et ses affluents.

Son parc de production comprend, notamment, les centrales :

  • du Corbeau,
  • de Chelsea,
  • de Paugan (1927) et
  • des Rapides-Farmer. Cette dernière, située à Gatineau, produit de l’électricité depuis 1927. Elle est aujourd’hui encore ouverte au public.

Le début d’un projet gigantesque sur le fleuve Saint-Laurent – 1929

En août 1929, Robert Oliver Sweezey entreprend les travaux d’aménagement d’une centrale au fil de l’eau sur le Saint-Laurent, à la hauteur de Beauharnois.

Malheureusement, le timing n’est pas en sa faveur en raison de l’effondrement de la Bourse de New York et de la crise économique.

Au bord de la faillite, Sweezey est alors forcé d’accepter l’offre d’achat du président de la Montreal Light, Heat and Power Company laquelle confirme ainsi sa suprématie sur le marché de l’électricité de Montréal.

Les travaux s’étalèrent sur plus de 30 ans !

En pour cause, ces travaux impliquèrent le dragage du canal d’une :

  • largeur de 1 kilomètre,
  • longueur de 24 kilomètres et
  • profondeur moyenne de 10 mètres.

Sa mise en service par Hydro-Québec a eu lieu en 1961.

La centrale de Beauharnois est alors considérée comme la plus puissante du Canada ; encore aujourd’hui, elle demeure l’une des plus puissantes centrales au fil de l’eau du monde.

La centrale est située à proximité des marchés de Montréal, de l’Ontario et des États-Unis, ce qui lui confère d’emblée une vocation qui déborde le marché local.

L’architecture est d’inspiration art déco.

Elle est désignée lieu historique national et est ouverte au public en période estivale. Voici le retour de notre visite !

1929 centrale canal beauharnois LM Le Québec

L’immensité du chantier de la centrale de Beauharnois ! Source : Archives d’Hydro-Québec

La naissance d’Hydro-Québec en 1944

Malgré leur prospérité et la crise économique des années 30, les entreprises d’électricité agissent de façon désinvolte et peu humaniste :

  • tarifs élevés,
  • service de mauvaise qualité,
  • profits exorbitants,
  • pratiques comptables douteuses,
  • refus de desservir adéquatement les milieux ruraux,
  • refus d’être réglementer, etc

Ces pratiques sont d’ailleurs dénoncées par la Commission d’enquête Lapointe du 21 janvier 1935 qui préconise la mise en place d’un organisme de réglementation du commerce de l’électricité.

Sa mise en place n’a toutefois pas eu le résultat escompté en raison du refus systématique de la Montréal Light, Heat and Power d’ouvrir ses livres.

L’idée d’une nationalisation de la Montréal Light, Heat and Power finit par être mise en place malgré les difficultés de la Seconde Guerre Mondiale.

Le premier ministre Adélard Godbout exproprie les actifs électriques et gaziers de la Montreal Light, Heat and Power (et de ses filiales La Montreal Island Power Company et la Beauharnois Light, Heat & Power Company) et en confie la gestion à une société d’État : la Commission hydroélectrique de Québec.

La nouvelle société d’État, Hydro-Québec est ainsi née le 14 avril 1944 et hérite d’un réseau de gaz et de quatre centrales hydroélectriques :

  • la centrale de Chambly,
  • la centrale des Cèdres,
  • la centrale de la Rivière-des-Prairies, et
  • la centrale de Beauharnois.

1944 logo hydro quebec LM Le Québec

Logo d’Hydro-Québec de 1944 à 1964. Source : Archives d’Hydro-Québec

Un long processus d’arbitrage devant les tribunaux suivra pour dédommager les actionnaires de la Montreal Light, Heat and Power (en 1947) et ceux de la Beauharnois Light, Heat and Power et de la Montreal Island Power Company (en 1953). Une émission d’obligations de 112 225 000$ remplace l’emprunt bancaire qu’Hydro Québec a dû contracter pour dédommager les actionnaires de la Montréal Light, Heat and Power.

Les premières actions d’Hydro-Québec

Dès ses premières années, Hydro-Québec a modifié le paysage électrique du Québec. Elle :

  • améliore la fiabilité de son réseau de transport et de distribution, alors en mauvais état.
  • poursuit l’aménagement de la centrale de Beauharnois,
  • procède à l’électrification des régions rurales du Québec dès 1945 grâce à l’Office de l’électrification rurale qui favorisera la création de 46 coopératives d’électricité locales.
    • La seule encore existante aujourd’hui est la Coopérative régionale de Saint-Jean-Baptiste-de-Rouville.
  • aménage la rivière Betsiamites (Bersimis), sur la Côte-Nord et démontre non seulement la possibilité de conduire des travaux sur des chantiers éloignés mais aussi de transporter l’énergie sur de longues distances (plus de 600 km, jusqu’à Montréal) à une tension record pour l’époque : 315 kV.
    • Hydro-Québec devient ainsi l’une des premières entreprises d’électricité au monde à mettre en service des lignes de transport à 315 kV.
    • Voici un autre élément remarquable pour l’époque: les câbles aériens des lignes de transport à 315 kV traversent la rivière Saguenay en une seule portée de 1,6 kilomètres !
  • fait l’acquisition de la centrale de Rapide-7 (en Abitibi) et entreprend les travaux d’aménagement de la centrale de Rapide-2, dans la partie nord de l’Outaouais afin de satisfaire les besoins croissants de l’industrie minière.
  • entreprend la construction de la centrale de Carillon en 1960 (près de la frontière ontarienne).
  • établit une liaison sous-marine par câble pour acheminer l’énergie entre la presqu’île de Manicouagan et le village des Boules, en Gaspésie et compléte les centrales de la Mitis-1 et de la Mitis-2 qui ont une puissance insuffisante pour assurer l’industrialisation du territoire.
    • Néanmoins, cette liaison pour acheminer l’énergie en provenance de la Côte-Nord s’avère peu fiable.
    • Des lignes de transport, depuis Lévis jusqu’en Gaspésie, assurent l’alimentation en électricité de toute la population desservie.

1953 ligne transport 315kv LM Le Québec

Grâce à deux lignes de transport à 315 kV traversant la rivière Saguenay en une seule portée de 1,6 km, l’électricité produite au complexe Bersimis est dirigée vers Montréal et Québec. Source : Archives d’Hydro-Québec

Les grands défis d’Hydro-Québec des années 60

La demande d’électricité ne cesse de croitre.

Le défi d’Hydro-Québec ?

Doubler sa capacité de production tous les 10 ans !

Dès son arrivée au pouvoir en juin 1960, le gouvernement libéral de Jean Lesage confie à Hydro-Québec le mandat exclusif d’aménager et d’exploiter les rivières non encore concédées à des intérêts privés.

Puis, 1962 est l’année où Hydro-Québec transfert son siège social du « Power Building », qu’elle occupe depuis la nationalisation de la Montreal Light, Heat and Power Consolidated, au 75, boulevard Dorchester (aujourd’hui René-Lévesque), à l’intersection de la rue Saint-Urbain.

Acquisition des grands distributeurs d’électricité

Le 12 février 1962, René Levesque suggère de confier à Hydro-Québec la responsabilité du développement ordonné des ressources hydrauliques et de l’uniformisation des tarifs d’électricité dans tout le Québec.

Il dénonce alors l’enchevêtrement des responsabilités:

  • des distributeurs privés,
  • des coopératives d’électricité,
  • des réseaux municipaux, et
  • des autoproducteurs (lesquels sont habituellement de grandes entreprises de pâtes et papiers ou d’aluminium qui exploitent des cours d’eau pour leur production industrielle).

Cette suggestion devient l’enjeu des élections du 14 novembre 1962.

Le verdict ?

La population québécoise est favorable à autoriser Hydro-Québec à acquérir les distributeurs privés d’électricité.

Hydro-Québec se porte donc acquéreur de près de 80 entreprises, distributeurs privés, coopératives d’électricité et réseaux municipaux qui acceptent son offre d’achat.

L’intégration de toutes ces entreprises au sein d’Hydro-québec est effectuée en moins de trois ans:

  • les tarifs sont progressivement uniformisés, et
  • les normes techniques du réseau de transport et de distribution sont également uniformisées afin d’assurer un service de qualité à tous les clients, où qu’ils soient sur le territoire.

Un petit saut dans le nucléaire en 1965 – la centrale nucléaire de Gentilly

Devant la popularité internationale de l’énergie nucléaire dans le monde, Hydro-Québec s’engage dans la construction de la centrale expérimentale de Gentilly-1 (démantelée par la suite), puis de la centrale de Gentilly-2, fermée en 2012.

Un moratoire, édicté en 1980, met en veilleuse la construction de nouvelles centrales nucléaires au Québec.

Des grands travaux d’envergure internationale

Hydro-Québec construit, l’un après l’autre, trois grands complexes hydroélectriques :

  • Manic-Outardes (rivières Manicouagan et aux Outardes), sur la Côte-Nord.
    • il s’agit du plus ambitieux complexe hydroélectrique, alors jamais entrepris au Canada.
    • une nouvelle percée technologique a lieu dans le domaine du transport de grandes quantités d’électricité sur de longues distances, en poussant la tension à un niveau jusque-là inégalé : 735 kV.
    • Avec cet exploit, ce chantier assure à Hydro-Québec une renommée internationale.
  • Hamilton Falls (rebaptisées Churchill Falls), au Labrador (1966);
    • À peine élu premier ministre, le 16 juin 1966, Daniel Johnson doit décider d’autoriser ou pas Hydro-Québec à acquérir la quasi-totalité de l’énergie produite à la future centrale des Churchill Falls.
    • La puissance de cette gigantesque centrale équivaut à celle des sept centrales du complexe Manic-Outardes !
    • Les réseaux voisins (américains ou canadiens) ne veulent pas participer au projet, considérant que l’énergie de source nucléaire est plus économique que l’énergie produite au Labrador.
    • Néanmoins, le Gouvernement et Hydro-Québec font le pari de l’hydroélectricité et s’engage à acheter l’énergie produite aux chutes Churchill.
  • le complexe La Grande, à la Baie-James ou le « projet du siècle » (lancé en 1971)
    • Il s’agit du plus grand complexe hydroélectrique du monde, s’étalant sur près de 350 000 km2, soit les deux tiers de la France, en plein cœur de la taïga !
    • Sa construction s’étale sur 25 ans, de 1971 à 1996
    • L’accès au chantier y est difficile: les matériaux sont acheminés au départ par une route d’hiver et sur des pistes de glace. Une route reliant la Baie-James aux villes du sud du Québec est ensuite construite.
    • La Société d’énergie de la Baie James (SEBJ) est un organisme créé pour gérer le développement des ressources hydroélectriques de la Baie-James. La SEBJ devient une filiale à part entière d’Hydro-Québec en 1978.
    • Les populations autochtones – cries et inuites – donnent leur accord à la mise en valeur des rivières de la Baie-James, en 1975. Cet accord est connu sous le nom de la « Convention de la Baie James et du Nord québécois« .
    • 4 centrales virent le jour du « projet du siècle »:
    • La puissance de ces trois centrales (10 280 mégawatts) équivaut à la puissance combinée des centrales du complexe Manic-Outardes et de la centrale des Churchill Falls !

Création de centre d’expertise en électricité

En 1970, Hydro-Québec inaugure un institut de recherche en électricité de calibre mondial : l’IREQ.

Il est situé à Varennes où plusieurs lignes à 735 kV convergent.

L’IREQ accueille:

  • au départ une soixantaine de laboratoires généraux et,
  • un immense laboratoire à haute tension, unique au monde. Ce laboratoire vise à répondre aux besoins d’expérimentation du réseau à haute tension d’Hydro-Québec.

Un 2ème centre d’expertise est également créé par Hydro-Québec, à Shawinigan, à la fin des années 80: le Laboratoire des technologies électrochimiques et des électrotechnologies (LTEE) afin de soutenir le développement des applications industrielles de l’électricité.

Un contrat d’assistance mutuelle Québec – New-York

Grâce à la mise en service de la première grande ligne d’interconnexion à 765 kV reliant les réseaux d’Hydro-Québec et de Power Authority of the State of New York (PASNY) :

  • Hydro-Québec exporte vers l’État de New York d’importantes quantités d’énergie de juin à octobre, à partir de sa centrale de Beauharnois, et
  • PASNY retourne au Québec l’équivalent durant les mois d’hiver.

La fin du XXème siècle et le début du XIXème !

Cette fin du XXème s’annonce mal, avec un ralentissement de la demande d’électricité résultant notamment :

  • du second choc pétrolier (1979),
  • de la saturation de certains marchés de l’électricité, et
  • de la récession économique des années 1980.

Les années 1990 verront quant à elles le relancent du programme de construction pour faire face à la croissance de la demande avec 2 projets majeurs:

  • la phase II du complexe La Grande en 1987,
    • Les travaux s’étalent sur 9 ans.
    • Ils donnent lieu à la mise en service de cinq centrales :
      • La Grande-2A,
      • Laforge-1,
      • La Grande-1,
      • Brisay, et
      • Laforge-2.
    • L’ensemble des ouvrages de La Grande est le plus puissant complexe hydroélectrique du monde.
  • en 1994, Hydro-Québec entreprend l’aménagement de la centrale de la Sainte-Marguerite-3 sur la Côte-Nord.
    • Cette centrale a la particularité que sa hauteur de chute atteint un niveau exceptionnel de 330 mètres, soit l’équivalent de sept fois la hauteur des chutes du Niagara.
1994 barrage sainte marguerite 3 LM Le Québec
Barrage de la Sainte-Marguerite-3, en 2009.

Création de la Régie de l’énergie du Québec – 1996

La Régie de l’énergie du Québec est crée en 1996 et devient responsable de l’encadrement réglementaire du transport et de la distribution de l’énergie.

Ainsi, toute modification aux tarifs d’électricité en vigueur au Québec doit être soumise à son approbation.

Ouverture du marché de gros de l’électricité – 1997

Le marché de l’électricité en Amérique du Nord s’ouvre à la concurrence en 1997.

Hydro-Québec obtient alors un permis de négociant en gros sur les marchés américains afin de profiter du caractère essentiellement hydroélectrique de sa production et à ses réservoirs.

Hydro-Québec ouvre également son réseau de transport et son marché de gros de l’électricité à la concurrence.

La division Hydro-Québec TransÉnergie est alors créée afin d’assurer à l’ensemble des intervenants du marché un accès non discriminatoire au réseau de transport québécois.

Enfin, la Federal Energy Regulatory Commission, organisme réglementaire américain, octroie à H.Q. Energy Services (U.S.), une filiale d’Hydro-Québec, un permis de négociant en gros aux conditions du marché américain.

Une tempête de verglas qui marqua le Québec – 1998

En janvier 1998, une tempête de verglas sans précédent endommage une partie importante des réseaux de transport et de distribution d’Hydro-Québec.

De nombreux foyers sont privés d’électricité pendant plusieurs jours, et certains pendant quatre semaines !

Hydro-Québec commence alors d’importants travaux pour renforcer son réseau de transport.

La création de 3 unités d’affaires – 2001

En 2000, Hydro-Québec confirme la séparation fonctionnelle des unités d’affaires qui assurent la production, le transport et la distribution de l’électricité:

  • Hydro-Québec TransÉnergie, créée en 1997,
  • Hydro-Québec Production: qui doit fournir un volume d’électricité patrimoniale à un prix de 2,79c le kilowattheure en vertu de la réglementation. Au-delà de ce volume, Hydro-Québec Distribution doit conclure des contrats d’approvisionnement avec des fournisseurs d’électricité sur appels d’offre, et
  • Hydro-Québec Distribution: responsable de l’approvisionnement en électricité des marchés québécois.

Hydro-Québec Équipement sera, quant à elle, créée en juin 2002.

La paix des Braves – 2002

Le 7 février 2002, le gouvernement du Québec signe une entente avec le Grand Conseil des Cris de la Baie James instaurant une collaboration entre les deux communautés et ouvrant ainsi la voie à l’aménagement des centrales Eastmain-1 et Eastmain-1-A. Ces deux centrales ont été rebaptisée Bernard-Landry à la suite du décès de l’ex-premier ministre.

Pour conclure

Voici en quelques lignes, près de 140 années de l’histoire de l’électricité au Québec.

Hydro-Québec y joue un rôle majeur depuis 1994 et particulièrement depuis l’uniformisation des tarifs d’électricité dans le Québec, au début des années 60.

Si ce fleuron québécois vous intrigue ou vous intéresse, pensez à visiter une ou plusieurs des centrales d’hydro-Québec.

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